Le retour de la confiance et de l’investissement ?

Indicateurs Banque de France

Atténuée par les difficultés économiques des pays émergents sur la fin de l’année, la croissance mondiale a ralenti autour des 3% en 2015, malgré la reprise progressive de l’activité, +1.4%, dans la zone euro. Dans ce contexte, et après une année 2014 atone, le climat des affaires en France s’est légèrement redressé et le PIB s’est redressé à +1.1%. L’activité reste toutefois en deçà de son niveau moyen de longue période dans tous les grands secteurs, industrie, services et construction.

D’après l’enquête réalisée par les succursales de la Banque de France dans la nouvelle grande région Auvergne Rhône-Alpes au cours du mois de décembre 2015 auprès d’un échantillon de plus de 3800 entreprises et établissements, la région a plutôt bien participé à la croissance nationale, notamment dans l’industrie et les services alors que le secteur de la construction apparaît cette année encore en net retrait.

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Le chiffre d’affaires global de l’industrie régionale augmente de +2,3%, et chose assez rare, cette tendance touche tous les secteurs à l’exception notable de la fabrication de produits en caoutchouc et plastiques.

La forte présence des entreprises régionales à l’export (40% du CA global) explique une large partie de ces évolutions et reste un fort relais de croissance en compensant parfois une demande intérieure moins active.

Avec une progression moyenne de +4,1% de leur chiffre d’affaires, les entreprises régionales du secteur des services marchands sont restées sur la dynamique favorable de l’année dernière. Bien que tous les secteurs soient concernés, les services informatiques et l’ingénierie technique tirent la tendance autour de +6,0% d’augmentation de chiffre d’affaires. Ces progressions se retrouvent dans les effectifs avec une hausse des recrutements de l’ordre de +2,2% dans les services (dont +4,7% dans l’informatique).

Le secteur du BTP demeure en grande difficulté, les chiffres d’affaires ont baissé dans le bâtiment, gros œuvre -2.5% et second œuvre -1.6%, et se dégradent encore davantage dans les travaux publics -7,2%, après -5% en 2014. La fin de certains grands travaux, les échéances électorales, la baisse des autorisations et des mises en chantier de logements neufs ont été quelques-uns des facteurs de cette tendance.

Les mesures de soutien à l’économie, dont le CICE, portent leurs fruits dans l’industrie et les services, puisque les rentabilités s’améliorent et ce sont davantage les entreprises les plus en difficultés qui en bénéficient. Dans le BTP, la situation est plus délicate, la baisse des chiffres d’affaires se traduit par une forte contraction des marges depuis 3 ans.

L’emploi total dans l’industrie affiche une stabilisation apparente en dépit d’évolutions contraires selon les secteurs. Alors que les services recrutent sur l’ensemble des segments interrogés, le BTP, à l’inverse, est fortement pénalisé par le recul de son niveau d’activité avec une diminution de -1,4%. Dans ce contexte, les effectifs intérimaires servent une nouvelle fois d’ajustement et accusent un baisse significative de près de -12% dans le BTP.

En 2016, malgré les doutes qui pèsent sur la croissance mondiale, celle-ci devrait se poursuivre au-delà des 3%, avec une contribution renforcée, mais encore modérée, de la Zone Euro qui verrait son PIB progresser de l’ordre de +1,7%. Le faible niveau des prix du pétrole, la parité euro/dollar qui favorise nos exportations et le maintien de conditions de financements accommodantes qui soutiennent l’économie, constituent autant d’éléments favorisant cette croissance. En France, le PIB devrait augmenter de +1,4% d’après nos dernières estimations, mais des doutes persistent quant à son impact sur le chômage.

En Auvergne Rhône-Alpes, la progression des chiffres d’affaires prévue dans l’industrie, de l’ordre de +2,9%, dépendra encore des exportations attendues à +3,7%. La bonne dynamique des services devrait se poursuivre, voire s’accélérer +4,1%. Une nouvelle fois, du fait de la faible visibilité, les entreprises du BTP restent prudentes et ne prévoient au mieux qu’une stabilisation de leur production.

Les rentabilités continueraient de s’apprécier dans l’industrie et les services et devraient se maintenir dans le BTP en lien avec les projections du chiffre d’affaires.

Peu d’évolution d’effectifs dans l’industrie, alors que nous notons une progression dans les services et, sans surprise, un nouveau tassement dans le BTP.

En baisse depuis 2 ans, les investissements corporels ressortent en progression en 2015, sans pour autant se positionner au niveau attendu lors de notre dernière enquête. Pour 2016, les anticipations des chefs d’entreprises sont favorables et la croissance attendue est davantage portée par l’achat en nouveaux équipements qu’en acquisition de biens immobiliers, ce qui pourrait traduire une meilleure visibilité voire un retour de la confiance ?

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