BAROMÈTRE DES TPE N°56 : EMPLOI DANS LE ROUGE POUR LE 5E TRIMESTRE CONSÉCUTIF

Actualité du recouvrement Indicateurs Fiducial

La 56e édition du Baromètre des TPE fait état d’une extrême fragilité des entreprises arrivées à saturation.

Baromètre des TPE n° 56 – 4e trimestre 2014

EMPLOI : DANS LE ROUGE POUR LE 5e TRIMESTRE CONSÉCUTIF ET DES POLITIQUES JUGÉS IMPUISSANTS

Paris, le 13 novembre 2014La 56ème édition du Baromètre des TPE, l’enquête de conjoncture trimestrielle réalisée par l’IFOP pour FIDUCIAL auprès des Très Petites Entreprises fait état d’une extrême fragilité des entreprises arrivées à saturation ; saturation envers la situation économique et sociale, saturation envers les politiques et organes représentatifs qui peinent à proposer des mesures efficaces pour les sortir d’un marasme qui dure depuis trop longtemps.

Recherche désespérément reprise économique et optimisme
Plus de la moitié des TPE (52 %) ont enregistré un recul de leurs ventes entre juillet et septembre 2014 contre 24 % qui les ont vu progresser. En moyenne, leur chiffre d’affaires a diminué de 8 % en un trimestre.

Si l’activité des entreprises reste affaiblie, l’indicateur de la situation financière des TPE* se dégrade moins fortement pour s’établir à -28, après avoir atteint le semestre précédent son niveau historique le plus bas (-32). Les artisans pâtissent davantage du contexte économique avec un indice à -36. Allant de pair avec des difficultés toujours importantes, la situation de trésorerie demeure fragile : 48 % des entreprises sont à l’équilibre et 24 % dans le rouge (- 2 points), avec un secteur de l’hôtellerie qui subit davantage les effets de la conjoncture (36 % ont une trésorerie négative).

L’étude de la préoccupation des TPE à l’égard de leur situation financière laisse entrevoir une forte disparité entre les secteurs d’activité. Alors que 36 % de l’ensemble des patrons de TPE sont inquiets, cette moyenne s’établit à 46 % pour ceux exerçant dans l’hôtellerie et le BTP et à 49 % pour les artisans. Dans ce contexte, 88 % des patrons de TPE sont pessimistes sur la situation en France, score le plus élevé depuis la création du baromètre, et 64 % pour l’avenir de leur activité.

 

La pause fiscale : un mythe pour les patrons de TPE
En décalage avec l’annonce du président de la République lors de son interview du 6 novembre dernier de ne plus augmenter les impôts d’ici la fin de son mandat, 66 % des patrons pronostiquent une hausse de leur fiscalité en tant que particulier en 2015, et 54 % pour leur entreprise.

 

La destruction d’emplois se poursuit
Depuis le 2ème trimestre 2013, la situation de l’emploi n’en finit plus de se dégrader. La création nette d’emplois** s’établit à -1,5 contre -0,5 anticipé par les chefs d’entreprise interrogés au mois de juillet. Elle demeure ainsi négative pour le 5e trimestre consécutif. En cause : un niveau bas des embauches pour la saison – seuls 12 % des entreprises ont recruté entre juillet et septembre (contre 13 % à 15 % habituellement à cette période de l’année) – et un niveau de suppression de poste élevé (9 %). Aucune éclaircie n’apparaît à l’horizon puisque uniquement 6 % des patrons envisagent d’embaucher dans les 3 prochains mois avec une création nette prévue à -0,5 ; soit le plus mauvais 3e trimestre depuis la création du baromètre en 2000.

 

Les chefs d’entreprise sont attachés à la sauvegarde des acquis sociaux de leurs salariés
L’action gouvernementale en matière d’emploi est considérée comme un échec par les patrons de TPE : 92 % d’entre eux considèrent inefficaces les politiques menées depuis 2012 pour faire baisser le chômage.

Pour autant, certaines propositions chocs du MEDEF pour relancer l’emploi obtiennent des notes qui pourraient se solder à l’école par un redoublement : 4,2 pour la suppression de 2 jours fériés et 3,8 pour l’instauration d’un SMIC ou d’un revenu minimal jeune plus bas que le salaire minimum existant.

Les autres mesures proposées par le gouvernement, le MEDEF et la CGPME, ne convainquent pas non plus les patrons d’embaucher.  Appelés à noter 17 mesures pour relancer l’emploi, seules 5 de ces dispositifs dépassent la note moyenne de 7 sur 10.

Lorsque l’on demande aux dirigeants interrogés quelle mesure ils retiendraient parmi les 17, ils optent prioritairement pour la suppression des 35 h (27 %) et l’exonération de charges sociales pendant deux ans pour tout nouvel emploi supplémentaire (19 %). Ces deux propositions devancent largement les autres mesures testées.

 

Panne de reconnaissance envers les politiques : Valls s’effondre et Sarkozy n’est plus l’homme providentiel
Le discours d’amour du Premier ministre aux entreprises aura laissé les patrons de TPE insensibles. Manuel Valls semble même plus proche de la rupture avec une cote de confiance de 18 % (-15 points en 6 mois).

Interrogés sur le retour à la vie politique de l’ex-président de la République, Nicolas Sarkozy, les dirigeants sont moins enthousiastes que par le passé. Alors qu’ils ont massivement voté pour lui en 2012, ils sont désormais une majorité (56 %) à rejeter sa candidature. Pour les deux tiers des patrons de TPE, Nicolas Sarkozy possède l’étoffe d’un président de la République. Une majorité (56 %) le juge également sympathique. À l’inverse, seuls 36 % estiment qu’il tient ses engagements et surtout 31 % qu’il est honnête.

Au regard de ces enseignements, Jean-Marc Jaumouillé, Directeur des techniques professionnelles de FIDUCIAL, souligne : « Rien n’y fait et ce n’est pas les tentatives d’hypnose avec le sujet de la simplification qui rassurera les dirigeants de TPE. Ce leurre ne peut pas améliorer les scores d’adhésion à l’égard de l’exécutif. Comptez par vous-même : 50 mesures de simplification depuis 18 mois, 50 nouvelles mesures annoncées, alors que depuis le 1er janvier 2014 l’appareil législatif et administratif a accouché de 15 lois, 38 ordonnances, 1 057 décrets et 2 925 décrets***».

 

* indicateur de situation financière : % des TPE constatant une amélioration de leur situation financière par différence au % de celles enregistrant une dégradation.
** création nette d’emplois : différence entre les créations et les suppressions de postes.
*** chiffre arrêté au 31 octobre 2014.

 

Méthodologie de l’Étude
Échantillon de 1 001 dirigeants de TPE de 0 à 19 salariés (hors auto-entrepreneurs), raisonné sur les critères secteur d’activité de l’entreprise, taille de l’entreprise, région d’implantation de l’entreprise et interrogé par téléphone du 6 au 20 octobre 2014. Des résultats nationaux représentatifs : redressement selon les données INSEE pour la meilleure représentativité de cette composante du tissu économique français.